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Aux
évocations érudites du terme «disquaire» et aux
sonorités hippiques de «Disc-Jockey», on préfère
aujourd’hui la phonétique klaxonnante du mot «DJ» (Deejay!).
Labialement conçu comme un ouvre-bouche (le «Dee» qui
écarte latéralement les lèvres, et son «jay» qui
semble les préparer au baiser profond), ce mot ouvre
les portes, délie les langues, excite les plumes. Le
piapia mondain se languit vaniteusement jusqu’à ce
qu’arrive le DJ. On a déjà refoulé Mick Jagger aux
Bains mais jamais on n’y a refusé le DJ. Aucun
sociologue, aucun anthropologue n’aurait consacré une
ligne à un disquaire ou à un disc jockey; ils font
aujourd’hui du DJ le cœur, le poumon, l’intestin grêle
de leurs théories de la post-modernité. Le DJ
n’enchaîne plus, il hybride, il ne programme plus de
la musique, il fait un cut-up, il ne mélange plus, il métisse,
il confronte, décale, recontextualise! Sa cabine est un
«DJ Booth», sa caisse de disque une «Flight case»,
sa prestation devient un «Set». Alors certes, il y a
ceux qui sont très connus et beaucoup médiatisés et
puis il y a tous les DJ qui officient tous les jours,
tous les week-end et que vous rencontrez dans vos
discothèques habituelles. Ce sont ces DJ locaux que
nous avions envie de vous présenter. |